dimanche 1 juillet 2012

Musique à usage personnel: Lifeguard sleeping, girl drowning par Morrissey


Musique à usage personnel: Lifeguard sleeping, girl drowning par Morrissey







Il ne suffit pas de savoir que quelqu'un va nécessairement se noyer sous vos yeux dans la minute qui suit pour se lever et tenter d'empêcher l'irrémédiable. Il y a trop de choses à faire, trop de prétextes pour passer à côté de l'essentiel et puis, après tout, a t'on vraiment envie de savoir?

On préfère sans doute se remémorer les éclats du dernier samedi soir. Comme un océan qui se déverserait toujours exactement au même endroit. La même veste, la même chanson avant de sortir. Un dernier coup de fil pris au vol. Le même bar, les mêmes blagues, les mêmes femmes flétries. Et toujours cette envie d'être enfin un homme sans toutefois savoir de quoi il s'agit exactement. Encore une superbe défaite qui se profile à l'horizon tout comme ses nuages paresseux au delà des flots.

Et cette fille à qui on a parlé hier soir. Une légère éclaircie dans un ciel alcoolisé au possible. Des mots, des vrais et un sourire. Arraché comme on étripe un animal pour en tirer la plus belle pièce de viande. Cet espoir que l'on n'ose formuler à haute voix de peur qu'il ne se réalise jamais, ne plus être seul, ne plus avoir à se supporter à longueur de journée. Partager quelque chose, ne serait ce que l'ennui qui nous guide pas à pas vers cette plage.

Aujourd'hui. Cette fille et moi. Cette fille au sourire triste et moi jouant sur un terrain qu'il ne connaît pas. Et cette fille qui s'en va nager au loin. Et moi qui la suit des yeux pensant à toute autre chose. Et ce point au large qui s'arrête. Ce corps qui ne bouge plus. Cette fille qui est en train de se noyer sous mes yeux et moi qui accepte ce fait comme j'accepte les rayons de soleil qui percent doucement le ciel.

J'aurais du le savoir. J'aurais du m'en douter mais je ne fais rien. Je pense déjà à samedi prochain.

mardi 22 mai 2012

Musique à usage personnel : Cover me par Björk


Musique à usage personnel : Cover me par Björk



Il n’est pas nécessaire d’avoir été élevé dans certains maux pour comprendre d’autres mots.
 


J’en prends pour exemple, la phrase «je t’aime».

Doit-on forcément avoir été élevé dans l’amour pour y comprendre quelque chose?

Lorsque le silence a trop souvent été l’obligation même, le réflexe salvateur. Lorsque le silence a trop souvent dicté sa loi … Pas facile de s’affirmer ou ne serait ce que de reconnaître le son de cette voix (notre voix) qui marque son amour (notre amour).

Alors il y a eu les chansons d’amour comme prétexte et comme signes extérieurs d’un sentiment délicatement emmuré vivant.

Aimer l’oubli de soi même pour commencer. C’est le feu qui clame son amour à Jeanne d’Arc , c’est l’amour qui résonne dans l'oubli de soi même. Dans un langage nouveau, à travers des syllabes qui ne s’appréhendent pas tout à fait. Le sentiment jaillit et c’est la seule chose qui importe.

Dans une langue étrangère. Sous l’emprunt d’une mélodie de traviole. Je t’aime, mal, pas assez, trop, parfois mais encore aujourd’hui un peu comme la pierre qui flanche à la première occasion.

Sous un ciel dur et emprunté, il existe toujours la possibilité de s’en remettre à d’autres. Comme à Delphes, on se pose la question et une chanteuse y répond.

dimanche 8 avril 2012


Musique à usage personnel :  Purple People par Tori Amos

D'un seul coup le monde a basculé.
C'est désormais un univers fait d’ouate et de balbutiements. Comme un bar rétro à mille lieues sous la terre que nous foulons tous les jours.
Les sons peinent à se frayer un chemin jusqu'à nous mais jamais ils ne loupent leur cible.
On chavire, on rame de peur de couler et on écope ce que l'on peu, le trop plein d'émotions par exemple.

C'est aussi un plaisir suranné que celui de fredonner cet air ancien avant son heure.
C'est un romantisme amputé mais aussi un coup de vent que l'on n'attendait pas, cette histoire de gens mauves.

La Tour de Pise qui se remet d'aplomb, les structures mégalithiques au large du Japon soudain resurgissent du fond de la mer, c'est un monde que j'aime bien visiter bien que je ne le connaisse pas encore. C'est une chanson qui appelle un inconnu et pourtant c'est bien moi qui répond à l'appel.

C'est surtout la voix des Limbes. Entre les interstices et les craquements, la petite histoire du monde qui s'ignore encore