Musique à usage personnel : Side effects par The Czars
On dit parfois un peu légèrement, comme ça, sur le ton d’une conversation qui n’en est pas vraiment une, que non, ça ne s’oublie pas aussi facilement.
On n’oublie pas comment aimer. On se doit de garder à l’esprit ce que cela fait d’aimer et d’être aimé en retour. « C’est comme le vélo », oui bien sûr, on hoche la tête mais on n’en pense pas moins. C’est enfoui là, quelque part à portée de sentiments, il faut juste se laisser un peu de temps, ça va revenir … Oui, bien sûr, sauf que ce n’est pas le cas.
Et pourtant …
Il suffit d’un regard, d’un geste anodin qui, pourtant, veut en dire beaucoup plus. Ou bien encore d’un sous entendu qu’on est le seul à pouvoir comprendre.
Et pourtant …
On a beau insister, rien n’y fait. Cela ne marche pas. Cette aptitude des plus humaines ne l’est plus.
Et pourtant …
Tout ceci ne pourrait tenir qu’au bon vouloir d’une chanson. Si on tend bien l’oreille, on entend même le crépitement caractéristique d’un compteur geiger. La preuve que oui, tout n’est pas perdu. Il reste quelque chose réduit à sa forme la plus élémentaire, un élément volatile qui nous accompagne où qu’on aille et auquel on n’a pas prêté attention depuis bien longtemps. Un atome crochu ? Un neutron par trop discret ? Un élément invisible dont la fonction serait de vous broyer le cœur et d’en tirer ce qu’il y a de plus fantasque.
Donc une chanson, ou une autre, sera nécessaire pour le révéler à nouveau comme une signature invisible que l’on ne peut voir que dans certaines circonstances, comme le jeu d’un homme qui ne se souvient pas avoir été enfant.
Cette chanson se trouve sur The Ugly people vs the Beautiful people et on suivra avec attention la carrière solo du chanteur du groupe, John Grant.


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